La présence à l’audience de la victime est-elle indispensable pour obtenir l’indemnisation de son préjudice ? : l’exemple des mineures victimes de proxénétisme.

25 juin 2026

Important

Les articles ci-dessous proposent, au regard des règles applicables au jour de leur publication, des informations générales et simplifiées sur des questions de droit : elles n’ont pas vocation à être exhaustives ni à remplacer une consultation juridique. Chaque dossier est un cas particulier et les règles de droit, qui évoluent sans cesse, comportent de nombreuses dérogations de sorte qu’il est nécessaire, pour obtenir un conseil adapté, de faire appel à un professionnel qui pourra, après avoir pris connaissance de votre situation détaillée, appliquer à votre problématique l’ensemble des règles de droit en vigueur et vous orienter au mieux.

Dans un certain nombre d’affaires, les victimes ne souhaitent pas se rendre à l’audience pénale. 

Assister à un procès, c’est pouvoir prendre la parole mais aussi entendre celle de la défense, ce qui peut être au-delà du supportable pour certaines victimes.

D’autres ne souhaitent pas suspendre leur vie pour participer personnellement au procès ou ne sont pas encore capables de le faire.

L’absence d’une victime peut aussi s’expliquer par des considérations financières ou sécuritaires.

Récemment, mon Cabinet a assisté plusieurs mineures victimes de proxénétisme aggravé. Les jeunes adolescentes s’étaient prostituées à plusieurs centaines de kilomètres de leur domicile pour le compte d’une bande de jeunes hommes reconnus coupables et incarcérés pour ces faits. Il n’était pas possible pour ces jeunes filles de se présenter au procès. Sur le plan pratique tout d’abord, elles ne résidaient pas dans la région et l’organisation de leur déplacement aurait été complexe. Surtout, leur présence à l’audience aurait été source de traumatismes alors qu’elles craignaient pour leur sécurité, qu’elles ne souhaitaient pas faire face à leurs agresseurs, qui contestaient la majorité des faits reprochés, et qu’elles s’inscrivaient actuellement dans un parcours de reconstruction difficile qui aurait souffert d’une nouvelle immersion dans cette période de leur vie.

Il a donc été décidé que je les représenterai à l’audience pour porter leur parole. 

Si la présence de la partie civile à l’audience est importante, tant pour les magistrats qui ont à statuer sur le dossier que pour la défense qui souhaite parfois l’interroger, il arrive fréquemment que la victime ne comparaisse pas.

Cette absence ne doit pas avoir de conséquence sur son droit à l’indemnisation.

En l’espèce, en retraçant le parcours de vie de ces jeunes filles, leurs souffrances et en rappelant leurs droits, mon Cabinet a pu obtenir une indemnisation de 25 000 euros pour chacune d’entre elles.